En fait la Grotte des Fées est une forcia ou un forciarum. Il s'agit de l'aménagement d'une grotte par les villageois des alentours, ne dépendant pas d'un seigneur, pour assurer leur propre protection en cas de besoin. C'est donc uniquement un refuge et une réserve pour la nourriture ! 

Dans la falaise, le rocher a été taillé pour créer : un escalier donnant accès à un auvent sous roche sous lequel s'ouvre une entrée percée dans l'épaisseur du calcaire. La feuillure cintrée de la porte est visible ainsi que les trous où coulissait la barre de fermeture. L'auvent lui-même était protégé contre l'eau de ruissellement par une longue rainure horizontale creusée au-dessus de la saillie du rocher, de manière à maintenir au sec l'espace.

 

 

 


Reconstitution de la balme de Fraissinet par André Fages

Un peu plus loin vers l'ouest s'amorce un nouvel escalier qui conduit à la balme proprement dite. La balme est une cavité spacieuse en forme de rotonde circulaire (9 m de diamètre inférieur sur 5 m de hauteur) dont le sol et la paroi interne ont été entièrement piquetés. Dans le rocher apparaissent trois séries horizontales d'encoches (9 en bas, 13 à mi-hauteur et 3 à 1 mètre environ du sommet de la coupole), indiquant que cette cavité, en partie artificielle, était pourvue de trois planchers superposés dont l'un était presque à ras de terre, de manière à éviter l'humidité su sol naturel. Cinq des encoches de la partie médiane présentent la particularité d'avoir été taillées en forme d'étrier renversé, ce qui veut dire que les poutres horizontales qui y étaient encastrées avaient été coincées de force par le dessous, alors que les autres reposent simplement sur un support ménagé pour soutenir leur poids.

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A une vingtaine de mètres à l'est de l'auvent rocheux, un petit bassin, taillé dans le roc (50 cm de diamètre et autant de profondeur) et pourvu en sa partie inférieure d'un conduit de vidange faisant également office de déversoir, recueillait l'eau qui, par temps de pluie, coulait le long de la falaise. Une source permettait également l'alimentation en eau.

Certaines ruines de murs, constituées de gros rochers taillés, subsistent au pied de ladite balme. Sont-elles ce qu'il subsiste d'un ancien château ? Ces ruines occupent un espace d'une cinquantaine de mètres en longueur sur une quinzaine en largeur. Le mur le plus apparent est formé de gros blocs de pierre, d'assez grandes dimensions, bien taillés et soigneusement appareillés sans utilisation apparente de mortier. On distingue aussi la présence de portes à moitié enterrées, dont l'une est encore recouverte d'un grand linteau monolithe.

   

Nota : Dans le cirque de St-Saturnin de Tartaronne à Banassac se trouve une grotte identique, la grotte de Rocayzou, autrefois la "roca guidonis" (la roche de Guy ou Guyon).